Les bienfaits de la masturbation féminine

Même si depuis quelques années, la parole se libère à ce sujet (médias, livres, réseaux sociaux…), il est vrai que la masturbation féminine (voire la masturbation en général…), a toujours fait l’objet de tabou. Comme si finalement une femme ne pouvait avoir de plaisir que dans le cadre de la relation sexuelle à l’autre, et jamais seule.

Or la masturbation féminine a toujours existé, et surtout, elle a de nombreux bienfaits, tant physiologiques, que psychologiques et relationnels.

Pourquoi la masturbation (féminine) est elle si taboue ?

D’une part, et ce même si cela n’est plus d’actualité aujourd’hui, notre société est marquée par un héritage judéo-chrétien qui ne percevait la sexualité que dans son optique procréative. La masturbation (qu’elle soit féminine ou masculine) a longtemps été considérée comme inutile, voire le signe d’un péché. Le plaisir masturbatoire, tout comme sexuel, n’avait pas sa place dans la conception judéo-chrétienne de la sexualité, puisque seule comptait sa résultante : la maternité.

Rappelons-nous d’ailleurs à ce sujet toutes les croyances que nous avons pu entendre au sujet de la masturbation, comme par exemple le fait que cela rend sourd, stoppe la croissance, ou encore donne des boutons ; autant d’idées reçues transmises et répétées dans le but de nous éloigner de cette activité considérée comme mauvaise, sale, etc.

D’autre part, et dans la lignée de cet héritage dont je viens de parler, la sexualité féminine a longtemps fait peur : en effet, les organes génitaux féminins ont longtemps suscité dégoût et répulsion, et le désir et le plaisir féminins ont longtemps été considérés comme les symptômes d’une maladie exclusivement féminine que des médecins hommes ont appelé « hystérie » (17ème siècle). Des massages génitaux étaient alors proposés comme thérapeutique à ces femmes, massages qu’on a progressivement remplacés par des appareils (qu’on pourrait finalement considérer comme les ancêtres du sextoy…). La masturbation féminine était donc vue d’un très mauvais œil, car signe d’une maladie qu’il fallait absolument prendre en charge !

La société actuelle prône aujourd’hui évidemment d’autres valeurs, et nous avons beaucoup évolué, tant au niveau médical que dans la considération qu’on porte à la femme et à sa sexualité, mais je pense que cet héritage est encore bien encré dans l’inconscient collectif, et transmis inconsciemment dans l’éducation.

Ceci explique en partie selon moi pourquoi de nombreuses femmes éprouvent encore de la honte aujourd’hui à l’idée de se masturber, ou encore ne le font pas ou très peu.

Or la masturbation a de nombreux bienfaits, ce que nous allons découvrir ci-dessous !

femme heureuse

Les bienfaits physiologiques de la masturbation 

D’une part, la masturbation conduit à la sécrétion d’endorphines, qui sont les hormones du bien-être par excellence. Elle provoque (de par l’orgasme notamment) un relâchement musculaire, procure détente physique et psychologique, et favorise donc un meilleur sommeil. Il s’agit finalement d’un anxiolytique et d’un somnifère naturels !

D’autre part, la sécrétion d’endorphine est un antidouleur naturel ; se masturber permet donc de diminuer les migraines ou encore les crampes menstruelles. L’effet n’est pas forcément très long mais permet tout de même de soulager un peu les douleurs.

La masturbation agit sur les états de stress et de nervosité, en calmant le corps et l’esprit.

Elle booste le système cardio-vasculaire et renforce donc le muscle cardiaque.

Enfin, et c’est une information qui circule encore peu, mais la masturbation du clitoris ou du sexe durant le travail permet de mieux gérer les contractions liées à l’accouchement. En effet, cela permet la sécrétion d’endorphines mais également d’ocytocine, les deux hormones qu’il faut sécréter en grande quantité pour favoriser un accouchement physiologique. C’est donc un outil puissant pour gérer l’intensité du travail et détendre le corps.

Dans le cadre de la sexualité 

La masturbation permet d’apprendre à se connaître, à identifier et découvrir ses zones érogènes, comprendre comment son corps fonctionne, les caresses qui lui font du bien, celles qui excitent et amènent progressivement à la jouissance, etc.

Le fait de se masturber et de savoir ce qui provoque un orgasme permet de renforcer les chemins neurologiques du plaisir. Ce dernier est donc plus facile à éprouver dans le cadre d’une relation sexuelle par la suite, car la femme sait alors par quel chemin passer pour atteindre la jouissance (quelles caresses, où, de quels types, etc.).

Il faut savoir que l’enfant se caresse depuis son plus jeune âge (même in utero!), et que cette exploration sensuelle lui permet de découvrir son corps, ainsi que ses organes génitaux. C’est donc une activité que l’on pratique en réalité depuis toujours ; elle n’est pas sexualisée au départ (c’est l’adulte voyant l’enfant se caresser le sexe qui sexualise ce geste et peut alors, de par sa réaction, le rendre tabou et honteux), mais le devient au moment de la puberté. L’orgasme est d’ailleurs souvent découvert de façon fortuite lors d’une séance de caresses, d’autoérotisme.

Par ailleurs, la masturbation, de par la connaissance de son propre corps et de son fonctionnement qu’elle induit, permet par la suite de guider son ou sa partenaire pour qu’il puisse donner du plaisir, et pour prendre du plaisir à deux. Une femme qui se connaît, qui sait comment elle fonctionne et ce qui lui fait du bien, est une femme qui peut se faire plaisir en couple, dire à son partenaire comment et où la caresser, donc est plus satisfaite de sa sexualité en général.

Enfin, pratiquée ensemble durant un rapport sexuel, elle permet d’accroître l’excitation, de stimuler la libido, et de prendre du plaisir.

En conclusion, la masturbation, qu’elle soit féminine ou masculine, a de nombreux bienfaits. Elle permet de se sentir bien dans son corps, bien dans sa tête, de se connaître, et de permettre à l’autre de nous connaître aussi, sur le plan intime. C’est une activité des plus naturelles, qu’on pratique à différentes échelles depuis le début de notre vie.

Elle contribue à la santé sexuelle et globale de chaque individu, donc devrait être pratiquée tranquillement, sans honte ni culpabilité.

J’invite d’ailleurs les personnes qui éprouvent ces sentiments à s’interroger sur les raisons de leur présence (héritage familial, éducation, etc.), et d’éventuellement travailler sur ces questions avec un professionnel de santé si besoin est, afin de se sentir plus libre dans l’expression de leur sensualité et de leur sexualité.

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