Rôle des fantasmes dans la sexualité

Fantasmer est une activité inhérente à l’esprit humain. Nous fantasmons tous. Les fantasmes peuvent concerner toutes les parties de nos vies, mais ici nous nous attacherons aux fantasmes d’ordre sexuel. Quelle est leur utilité ? Ont-ils une influence sur notre sexualité, notre réponse sexuelle ? Qu’en est-il des nombreux clichés autour des fantasmes ?

Qu’est ce qu’un fantasme, et qu’est ce que l’imaginaire érotique ?

Un fantasme est un scénario imaginaire, réaliste ou non, plus ou moins conscient, et pouvant concerner n’importe quel domaine de notre vie. Ici, nous allons nous pencher sur les fantasmes sexuels, érotiques. Ils concernent donc la sexualité, les pratiques sexuelles, avec ou sans notre partenaire. Toutes les configurations sont possibles.

Le fantasme comporte une liberté intrinsèque qu’on ne retrouve pas dans le réel ; il ouvre donc le champ des possibles et peut être d’une grande richesse, à partir du moment où l’on s’est donné l’autorisation de fantasmer (ce dernier point est fondamental !).

Le fantasme est contenu en quelque sorte dans l’imaginaire érotique. Ce dernier comporte les scénarios fantasmatiques, mais également les sensations, émotions, images et expériences liées à la sexualité. C’est beaucoup plus vaste que le fantasme en tant que tel.

Un fantasme peut être questionnant, voire culpabilisant. C’est pourquoi il est important d’en parler, afin de le démystifier, et d’aller au-delà des clichés qui y sont rattachés.

L’influence du fantasme sur notre sexualité

L’activité fantasmatique et l’imaginaire érotique sont plus ou moins développés selon les personnes. Cela dépend de nombreux facteurs : l’autorisation qu’on se donne ou non à le faire, l’éducation que nous avons pu recevoir, notre personnalité et notre tempérament (certaines personnes sont plus dans le mental, d’autres plus dans le corps, etc.)…. On peut tous fantasmer, et on peut même travailler ses fantasmes.

Ils peuvent être liés à des expériences vécues, des scènes auxquelles nous avons assisté, des livres que nous avons lus. Ils peuvent évoluer, ou au contraire rester tels quels. Tout est possible !

L’activité fantasmatique érotique est parfaitement normale, chez l’homme comme chez la femme. Elle est grandement reliée au corps, et à ce qu’on appelle le cycle de la réponse sexuelle : elle participe en effet grandement à l’augmentation du désir sexuel, à l’augmentation de l’excitation (lubrification et gonflement des lèvres chez la femme, érection chez l’homme), et au plaisir durant la masturbation et les rapports sexuels.

Finalement, nous pouvons même aller jusqu’à dire que les fantasmes sont quasi aussi importants que l’acte sexuel en lui-même : ils suscitent une excitation (lubrification) et une envie, préparent en quelque sorte à l’action et permettent une stimulation tant imaginaire que physique. Ils permettent également dans beaucoup de cas d’accéder plus facilement et plus rapidement à l’orgasme. Ils sont tellement reliés au corps que certaines femmes parviennent à l’orgasme rien qu’en fantasmant !!

fantasme

Quelques idées reçues autour du fantasme 

Il y a de nombreuses idées reçues concernant le fantasme, qui peuvent alors le rendre gênant voire culpabilisant. Certaines idées reçues le sont tellement qu’elles peuvent nous conduire à totalement bloquer le fantasme, alors qu’il s’agit d’une activité saine.

Voici donc quelques clichés récurrents :

Idée reçue n°1 : « si je fantasme sur quelqu’un d’autre, c’est que je suis infidèle et que je vais finir par aller voir ailleurs »

Une grande culpabilité est souvent rattachée à ce type de pensée, accompagnée d’un sentiment d’infidélité, alors qu’il n’en est rien. Il est fondamental ici de faire la différence entre le fantasme qui est du domaine de la pensée, et le réel. Ce n’est pas parce qu’on fantasme sur quelqu’un d’autre qu’on est infidèle et qu’on va forcément finir par tromper son partenaire !

Idée reçue n°2 : « Si je fantasme sur quelqu’un d’autre durant un rapport sexuel, c’est que je ne désire pas mon /ma partenaire, que je ne l’aime plus, etc. ».

Fantasmer durant un rapport sexuel ne signifie pas qu’on n’aime pas son/sa partenaire, qu’il/elle ne nous excite pas, qu’on se désintéresse forcément de ce qui se passe, etc. Comme nous l’avons vu plus haut, c’est une activité qui participe à la réussite d’un rapport sexuel, qui peut tout-à-fait être menée en parallèle sans problème. Le fantasme fait partie intégrante de la vie sexuelle. Le tout est d’être aussi dans le moment avec l’autre !

Idée reçue n°3 : « Si je fantasme, c’est parce que je suis frustrée, que je ne désire pas assez mon/ma partenaire, je ne devrais pas avoir besoin de cela »

Faux ! Le fantasme est un des ingrédients (non obligatoire bien sûr) utilisables lors d’un rapport. Il participe à l’excitation sexuelle, mais ne signe en rien une frustration. La sexualité, on la vit dans son corps, certes, mais aussi dans sa tête !

Idée reçue n°4 : « En tant que femme, si je fantasme sur une autre femme, c’est que je dois être lesbienne » (idem pour les hommes)

Absolument pas !! Comme on l’a vu plus haut, un fantasme a des influences sur notre sexualité et notamment sur le cycle de la réponse sexuelle, mais il ne conditionne en rien notre orientation sexuelle !
Par exemple, ce n’est pas parce qu’en tant que femme hétérosexuelle, vous avez un fantasme homosexuel, que vous êtes en réalité lesbienne. C’est d’ailleurs un fantasme assez répandu chez les femmes, correspondant en général davantage à l’attrait pour les formes féminines et une sorte de valorisation narcissique, qu’une réelle attirance sexuelle qui va se matérialiser dans le réel.

Idée reçue n°5 : « Le fantasme est un préalable au passage à l’acte »

En réalité, l’objectif du fantasme n’est pas forcément d’être réalisé (Avoir bien conscience de cela contribue d’ailleurs à cette permission qu’on se donne à soi-même !). Un grand nombre d’entre eux perdent d’ailleurs de leur qualité érotique sitôt transposés dans la réalité.

Ceci implique par conséquent que vous pouvez à peu près tout vous autoriser ! C’est votre jardin secret, vous n’êtes même pas obligée d’en parler à votre partenaire …

Je nuancerais enfin mes propos en rajoutant ceci : on peut évidemment s’autoriser beaucoup de choses, mais je pense que lorsqu’il s’agit de fantasmes sexuels moralement répréhensibles (correspondant à des comportements illégaux, mettant en péril la sécurité et l’intégrité d’autrui, liés à des paraphilies …), ou si simplement, ils provoquent une souffrance chez vous, une culpabilité, un questionnement, ou bien une peur intense d’un éventuel passage à l’acte, je conseillerais vivement d’en parler à un sexothérapeute qui vous aidera à les décrypter et à en comprendre le sens.
L’activité fantasmatique est parfaitement normale, mais n’est pas censée provoquer de souffrance, de culpabilité, ni être liée à des comportements mettant en danger l’intégrité d’autres personnes.


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