Contraception féminine et sexualité

Le gouvernement a annoncé il y a peu la gratuité de la contraception pour les femmes jusqu’à 25 ans, à partir de Janvier 2022.

Outre le fait que les hommes sont totalement absents de ce dispositif (alors que, rappelons-nous, ils sont fertiles 365 jours par an, contre quelques jours par mois pour les femmes…), ce qui en soit me semble assez aberrant (question de charge mentale et de responsabilité partagées…), cela m’a donné envie de m’interroger sur les différents moyens de contraception féminine, ainsi que sur leurs impacts sur la sexualité.

Les différents modes de contraception féminine

Contraceptions dites hormonales

La pilule 

De plusieurs types ; elle vous sera prescrite en fonction notamment de vos antécédents médicaux. Plusieurs essais sont souvent nécessaires avant de trouver celle qui vous convient.

Le patch 

Timbre œstroprogestatif appliqué sur la peau durant une semaine, 3 semaines de suite, pour laisser une semaine de règles.

L’implant

Petit réservoir qu’on place dans le bras sous la peau, qui diffuse des hormones progestatives pendant environ 3 ans.

Le stérilet hormonal

Dispositif intra utérin posé par le professionnel de santé au niveau de l’utérus.

L’anneau vaginal

Tube de plastique que l’on place soi-même au fond du vagin, le premier jour des règles, qui reste 3 semaines (la quatrième est réservée aux règles), et qui diffuse des hormones.

Contraceptions dites mécaniques 

Le stérilet en cuivre 

Même principe que le stérilet hormonal, mais sans hormones.

Le diaphragme + spermicide 

Petite coupelle en silicone qu’on place soi-même au fond du vagin, devant le col de l’utérus, dans les 2h précédant chaque rapport sexuel, accompagné de gel spermicide. On le retire entre 8h et 24h après le rapport.

La symptothermie 

Méthode naturelle d’écoute de son corps et de son cycle à l’aide de 3 indicateurs : glaire cervicale, toucher du col de l’utérus et température.

Elle peut servir de moyen de contraception comme de procréation selon l’objectif.

L’avantage premier est que cela apprend à bien connaître son corps au naturel et de décrypter toutes les modifications physiques, physiologiques et émotionnelles liées aux hormones sexuelles. Il faut par contre être très rigoureuse dans la régularité et la prise des mesures.

Le préservatif féminin 

On l’insère dans le vagin avant le rapport sexuel.

Contraception dite définitive

La ligature des trompes 

La méthode Essure est dite définitive.

Un délai de réflexion de 4 mois avant l’opération est obligatoire.

La ligature n’empêche en rien le processus hormonal ni la survenue des règles, et ne modifie pas le plaisir ou le désir sexuels.

jeune femme qui recherche un moyen de contraception

Effets secondaires de la contraception et liens avec la sexualité

Concernant les contraceptions hormonales, les effets secondaires les plus répandus sont la baisse de la libido, les troubles émotionnels (instabilité, irritabilité), la prise de poids, les douleurs aux seins et à la tête, les nausées, les saignements irréguliers … Tout cela peut avoir des répercussions sur l’estime de soi, l’image du corps, la sexualité.

La sexualité peut en effet devenir pénible, douloureuse en cas de manque de désir associé à une sécheresse vaginale. Un trouble peut s’installer si on n’y fait pas attention (dyspareunie d’intromission, vaginisme secondaire etc.).

Le stérilet en cuivre a également son lot de répercussions négatives sur la vie sexuelle : les douleurs menstruelles, les règles plus abondantes et plus longues peuvent en effet constituer un frein.

La symptothermie, la pose de diaphragme ou encore du préservatif féminin nécessitent d’être bien maîtrisées afin d’éviter toute déconvenue.

Les contraceptions dites mécaniques n’ont pas d’impact sur le désir sexuel ou la sexualité en général. Il faut juste penser à poser son diaphragme si on pense avoir un rapport, ce qui n’est pas toujours pratique car on ne le prévoit pas forcément !

Enfin, hormis les préservatifs féminins comme masculins, aucune de ces méthodes contraceptives ne protègent des IST et MST.

Comment choisir sa contraception ?

La contraception se choisit avant tout en fonction de VOUS (et pas de monsieur qui n’aime pas les préservatifs par exemple…), de vos antécédents médicaux, de votre tempérament (par exemple, certaines peuvent s’astreindre à prendre une pilule tous les soirs, d’autres non et c’est ok), ou encore de votre rapport au corps (certaines seront ok avec le fait d’insérer un diaphragme dans leur vagin par exemple, d’autres préféreront un autre type de contraception, etc.).

Le médecin qui vous suit peut vous orienter dans votre choix. Il vous informe des bénéfices et risques de chaque type de contraception, mais ne doit pas non plus vous influencer (ce qui est malheureusement le cas de certains d’entre eux. Ne pas hésiter d’ailleurs à changer de professionnel de santé si vous ne vous sentez pas écoutée).

La femme a le droit de choisir la contraception qui lui convient le mieux, pour vivre la sexualité qui lui convient le mieux également.

Que faire en cas de répercussions sur la sexualité ?

Déjà, calculer le rapport bénéfice/risque, et changer de mode de contraception, même si j’en conviens, il existe peu de choix en dehors des hormones. Bien prendre en compte évidemment vos antécédents médicaux.

Communiquer avec votre partenaire si vous êtes en couple, pour partager la charge de la contraception, et voir comment vous pourriez en être soulagée. Par exemple, souvent, par principe, on élimine le préservatif lorsque la relation est installée. Peut-être peut-il être réinstauré…

Si vous êtes célibataire, voir en fonction de ce qui est le plus confortable pour vous, votre corps, en fonction de votre vie et de vos antécédents médicaux (pathologies, contre indications, rythme de vie, tempérament, etc).

En cas de baisse de désir, voir avec un thérapeute si cette diminution est simplement hormonale (et si c’est le cas, changer de mode contraceptif dans la mesure du possible), et sinon, essayer de comprendre les raisons autres de cette baisse de libido.

Arrêter une contraception hormonale pendant 2-3 mois peut vous permettre de vous rendre compte si les symptômes gênants sont directement liés à celle-ci ou non, et donc de mettre en place les changements nécessaires.

Utiliser du lubrifiant. On y pense trop peu alors que ça aide.

Mettre l’accent sur les caresses, la tendresse, le lien. La notion de sécurité et de cadre est souvent importante. Si le désir tend à se faire désirer justement, plus le cadre sera confortable avec accent sur les massages et les préliminaires au sens large du terme (donc pas que sexuels), plus le désir pourra s’éveiller.

Enfin, sachez que pour la femme, la fonction fait l’organe. On observe que les femmes qui restent actives sexuellement expérimentent de manière générale moins de soucis que celles qui ne le sont pas ou (trop) peu. C’est en effet un cercle vertueux : avoir des rapports sexuels réguliers permet d’alimenter le désir (même s’il est diminué à cause de la contraception), de prévenir l’atrophie vaginale, de stimuler le corps donc les sécrétions, donc de garantir une bonne santé sexuelle.

Changer les mentalités

Il ne revient pas qu’aux femmes de porter la responsabilité de la contraception !

Les contraceptions masculines existent (certaines sont encore en phase de test) ; n’est-il pas temps de rendre ces méthodes moins tabou, de libérer la parole autour, de faire évoluer les choses et donc de partager la charge mentale et physique liée à la contraception de manière générale ?

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