Le cycle de la réponse sexuelle chez la femme

Il s’agit d’un concept découvert et démontré scientifiquement par deux chercheurs, William Masters et Virginia Johnson, pionniers de la sexologie moderne, dans les années 70. 

Durant des années, ils ont effectué des recherches sur la psychologie et la physiologie des comportements sexuels. 

Ils ont alors mis en évidence 4 phases successives dans l’activité sexuelle, qu’il ont appelées le cycle de la réponse sexuelle. 

Helen Kaplan, sexothérapeute austro-américaine, a quant à elle décrit en 1974 une 5ème phase, qui survient en réalité au tout début du cycle. 

Le cycle de la réponse sexuelle est le chemin du plaisir : lors d’une stimulation sexuelle (si tant est qu’elle soit adaptée!), le corps expérimente des changements physiologiques et physiques, des réactions qui sont toujours les mêmes. C’est donc la manière dont votre corps réagit en cas de stimulation sexuelle adéquate. 

Connaître ces informations précieuses peut aider pour la sexualité : plus on sait comment on fonctionne, et plus on peut adapter cette dernière. La connaissance de soi, de son fonctionnement physiologique, de ses goûts en la matière sont les garants d’une sexualité épanouie !

Quels sont les éléments qui le composent ?

Ce cycle se compose de 5 étapes :

Le désir :

C’est la phase rajoutée par Helen Kaplan, alors plus mentale, plus fantasmatique, pas encore corporelle, qui correspond à l’envie d’aller vers l’autre, sur un plan psychique, émotionnel et sexuel, l’envie d’avoir une activité sexuelle.

Cette envie peut être plus ou moins forte selon divers facteurs (attirance, fatigue, moment du cycle, etc.), et chacune le ressent plus ou moins différemment. 

C’est la phase du cycle qui en tout cas place la personne dans une dynamique sexuelle ; les cognitions sont toutes tournées vers cela. 

Des troubles peuvent survenir lors de cette phase ; on parle de trouble de la libido (baisse ou augmentation). 

L’excitation : 

Seconde phase du cycle de la réponse sexuelle (autrefois première phase), il s’agit de la traduction corporelle et physiologique du désir. De manière générale, c’est un phénomène de vasodilatation : afflux de sang dans les tissus cutanés et les muqueuses, donc premier tiers du vagin et clitoris chez la femme.

Chez cette dernière, l’excitation se manifeste de différentes manières :

  • Le vagin se lubrifie, s’allonge et s’élargit; 
  • Les grandes lèvres s’écartent et s’effacent ; 
  • Les petites lèvres et le clitoris augmentent de volume (ils sont gorgés de sang, ils rougissent) ; 
  • Le clitoris en érection se rétracte derrière son capuchon ; 
  • Les seins augmentent de volume et les mamelons se durcissent. 

C’est un processus très rapide à partir du moment où le désir est présent. 

En plus de cela, à un niveau corporel plus global, on note une augmentation de la  fréquence cardiaque et respiratoire, de la tension musculaire ainsi que de la pression artérielle ; et la peau peut rougir chez certaines. 

Il peut survenir des troubles de l’excitation. On parlait autrefois de frigidité (ne pas ressentir de sensations). Attention, l’excitation peut parfois peiner à venir en présence de caresses et pratiques inadaptées !

cycle de la réponse sexuelle chez la femme (1)

Le plateau :

Durant cette phase, l’excitation devient très intense et le plaisir reste stable pendant une période donnée. 

Cette période de plateau va durer plus ou moins longtemps selon l’excitation et les capacités de lâcher prise de la femme. 

C’est traditionnellement la période durant laquelle se déroule la pénétration, mais pas forcément (on sort de plus en plus de cette sexualité pénétro-centrée, donc c’est simplement le moment où la femme éprouve un plaisir fort et constant). 

Cette période de plateau est généralement plus longue chez la femme (plus de 15mn) que chez l’homme.

Chez la femme se met alors en place ce qu’on appelle la plateforme orgastique, avec notamment une généralisation de la vasodilatation dans la muqueuse vaginale, qui a commencé lors de la phase d’excitation, et une augmentation de la lubrification. 

L’orgasme : 

Au niveau physiologique, ce sont des contractions rythmées des muscles péri-vaginaux, du périnée et de l’utérus toutes les 0,8 secondes, plus ou moins nettement ressenties, accompagnées par un vécu psychique différent selon les femmes et très personnel. 

Des endorphines (hormones du bien-être) sont en même temps sécrétées dans le cerveau.

Le point de départ de l’orgasme est toujours le clitoris chez la femme, à l’extérieur ou à l’intérieur du corps. 

En terme de troubles, on peut observer lors de cette phase une anorgasmie (absence) ou une dysorgasmie (difficulté à atteindre l’orgasme). 

La résolution :

Il s’agit d’une phase durant laquelle tout revient à la normale. Chez la femme, l’excitation sexuelle décroît lentement (à l’inverse de chez l’homme).

Tous les phénomènes provoqués par l’excitation sexuelle disparaissent petit à petit, le cœur et la respiration reviennent à leur rythme normal. La tension artérielle s’abaisse. Le corps se détend. L’envie de dormir ou de somnoler est forte. 

La femme peut alors repartir sur un second orgasme, ce qui n’est pas le cas de l’homme qui subit une période réfractaire plus ou moins longue en fonction de l’âge, de la santé, etc. 

NB : un trouble sexuel peut affecter une partie ou l’intégralité du cycle de la réponse sexuelle. Par exemple, une femme peut avoir un désir capricieux, mais une fois qu’il est présent, le reste du cycle se déroule sans souci.

A l’inverse, une femme peut expérimenter une baisse de libido qui l’empêche d’être excitée, donc d’avoir du plaisir et des orgasmes. 

Qu’est ce qui peut entraver la réponse sexuelle ?

La réponse sexuelle peut être entravée par divers facteurs, le premier étant des pratiques et caresses inadaptées. Les choses rentrent alors dans l’ordre dès que les pratiques et caresses redeviennent adéquates (d’où la nécessité de communiquer!). 

Sinon, la prise d’alcool, de psychotropes (antidépresseurs IRS, benzodiazépines, neuroleptiques …), de toxiques, ou encore certains médicaments (antihypertenseurs, antiparkinsoniens, antiépileptiques, pilule contraceptive) peuvent affecter la sexualité. 

Enfin, le stress, les préoccupations, un quotidien compliqué, des événements de vie difficiles ou encore des difficultés conjugales peuvent avoir un impact certain sur la sexualité et la réponse sexuelle. 

Il ne faut alors pas hésiter à en parler à ses spécialistes, qui alors vous prescriront le nécessaire (prise de sang, examen, echo, IRM …) et adapteront vos traitements. Et bien sûr, consulter un sexothérapeute peut vous être très bénéfique !

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *